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Vingt ans que ça dure. Vingt ans que le vent frappe les tôles, claque les fenêtres, siffle aux coins desrues. Parfois, il éveille la curiosité ; parfois, il terrorise les âmes en peine. Il donne le choix, à celles et ceux qu'il rencontre, de respirer son souffle ou de le fuir, enfermé chez soi. 

Dans le ciel chahuté de Brest, il existe une colonie d’oiseaux de nuit un peu barges. Des centaines de volatiles hédonistes vivant leur idylle, sonnés par les bourrasques, pour leur plus grand plaisir. Avec la mer comme coéquipière, ils font perdre le nord au Finistère. 

Les danses célestes, ils en font deux par an. Par deux nuits d'hiver, ces danseurs étoile à l'esprit rave se préparent pour la prochaine Grande Communion de juillet. On raconte que certains n’ont pas fermé l’œil depuis un after en 1995. Là, ils attendent le moment où tout se déchaîne :  les drisses qui claquent dans le port, les vagues qui s'écrasent contre les falaises, et le regard maternel des étoiles contemplant cette grande valse d'emplumés.

Les murs de la cité vont encore faire la tronche, et se faire cogner les entrailles. La nuit, ils rêvent déjà de TR-808. Bientôt, ils sentiront l'haleine salée de Detroit, quand quelques volatiles nommés Moodymann, Juan Atkins et Mad Mike viendront s'étourdir dans la tempête. La dépression du nord poussera quelques corbeaux anglais (Perc, Luke Slater, Simian Mobile Disco) dans la danse. Les vent d'Est apporteront un renfort de Berlin, le vieux hibou Henrik Schwarz et Gregor Tresher.

Ensemble, ce cortège d'insoumis, vivant d'amour et d'eau salée, s'en iront offrir au vent leurs plus belles plumes. 

Mario & Romain - Sourdoreille

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