EDITO

Fabuleuse fête d'été, Astropolis se décline depuis deux ans en plein mois de janvier, en une fameuse bacchanale hivernale. Brest est son âme. Face à l'océan, à la pointe du continent, son cadre indus impose une autre idée du glamour, brute et sans concession. Oubliez Ibiza. Astropolis, l'hiver, incarne le son de sa ville. Aux éléments déchaînés répondent des tempêtes soniques. A la rudesse du climat, la moiteur des clubs. Au fracas des usines, le chant des machines.

Oui, le chemin est long jusqu'au bout du monde. Vous n'y arriverez pas par hasard. Mais la touche unique d'Astropolis vaut l'aventure. Car c'est là que s'écrit la légende. Celle d'un festival militant, radicalement festif, celle d'une ville secrète, joyeusement prolo, subtilement intello, celle d'artistes conquis, de claques musicales inoubliables.

En 2013, Astropolis, l'hiver, s'étend encore avec sa générosité habituelle. Dans toute la ville, le festival bichonne ses aficionados exigeants, partage son savoir, échange, initie de nouveaux publics... Des kids aux vieux de la vieille, des clubbeurs aux rockers, des néophytes aux purs et durs, chacun, de jour comme de nuit... Laissez-vous contaminer par Jeff Mills sur la grande scène du Quartz, Rone et son projet Module avec Studio Fünf, Dj Hell, Wankelmut, Joris Delacroix, Noisia, Zombie Zombie, Scan X, Rapid Douglas, Bambounou ou French Fries...

Et en journée par des pauses pertinentes, ludiques, chaleureuses, au travers d'ateliers, masterclass, rencontres, conférences, showcases... 

   

"DRESSEURs DE METAL"

L'affiche d'Astropolis, l'hiver est un cliché de Dominique Leroux, photographe ô combien brestois, dont les portraits sensibles du monde ouvrier révèlent la beauté cachée de la ville, de la rade et du port, et surtout, de ses habitants au travail. Ancien ouvrier de l'arsenal lui-même, il est devenu reporter- photographe professionnel en 1993. la photo qui illustre l'affiche du festival est tirée de son livre magnifique « Dresseurs de métal », sur la construction du porte-avions Charles de Gaulle. Ses reportages, en particulier pour Paris Match sur le naufrage du Bugaled Breizh sont emprunts d'une humanité bouleversante. Et Dominique est aussi un passeur, un créateur de liens, à la brestoise, comme on les aime à Astropolis.

Aujourd'hui, Dominique Leroux met son enthousiasme infatigable et ses relations au service des autres. Il a ouvert la belle Galerie des Docks, Quai Tabarly à Brest, ou il expose de jeunes (et moins jeunes) photographes, à découvrir impérativement.