Interview du collectif Radio Lune

Au Vauban, on a rencontré Cédric et Vincent, aka Biche, pour parler de Radio Lune et du Mix’N’Boules qu’ils organiseront samedi 6 juillet avec le collectif rennais Comme ça !

Vous pouvez nous présenter un peu Radio Lune ?

Vincent : On a monté Radio Lune ensemble avec Cédric il y a 5 ans à peu près. La vraie première soirée qu’on a faite c’était le Ristik Festival à Saint-Pabu, c’est là qu’on a monté notre première scène, il y en avait deux, celle de Radio Lune et celle de Ristik. Donc c’est là qu’on a vraiment commencé à bosser.

L’envie première que vous aviez c’était quoi ?

Cédric : Faire du fric !  Choper des meufs, c’est tout ! (rires) Mais comme aucun des deux n’a marché on s’est dit qu’on allait peut-être parler un peu de la musique qu’on aime ! On voulait faire des soirées comme on les pense, et surtout défendre la musique qu’on aime. Du funk à la disco jusqu’à la techno plus ou moins vénère, sans aller trop loin ! Donc un spectre assez large. Ce qu’on voulait surtout défendre c’est ce mélange sur le format d’une soirée. On le fait moins maintenant mais jusqu’il y a deux ou trois ans on proposait toute sorte de soirées, à La Suite par exemple de 00h à 07h. On commençait disco/house puis on montait progressivement vers de la techno, fallait aussi choisir les invités pour avoir une Suite cohérente. On voulait aller à contre-courant des collectifs qui sont soit à fond house soit techno, ce qui est très bien aussi mais nous on voulait mélanger !

Vincent : On a la chance dans notre collectif d’avoir plein de personnes, avec des goûts différents. Entre 8 et 9 personnes ! 8,5 ! (rires) ça dépend des fois !

Cédric : 1 président et 8 stagiaires ! (rires)

Cette année c’est la deuxième fois que vous investissez la Place Guérin, lieu incontournable du folklore brestois. On se demandait si vous aviez quelques anecdotes croustillantes concernant ce lieu mythique !

Cédric : Je suis pas un habitué de la Place Guérin, j’y passe de temps en temps pour aller au bureau d’Astro par exemple. Sinon une anecdote… (il réfléchit) Si tiens, c’était l’année dernière, on organisait une soirée à La Suite, le vendredi 13 avril, une Résonance. Le lendemain sortaient les places pour Keriolet (ndlr : La Spring d’Astropolis au manoir de Keriolet), dont à Bad Seeds (ndlr: disquaire sur la Place Guérin). On est allé acheter nos places et on a fini par faire after jusqu’à 17h, il y a quelques bars donc…

Est-ce que vous en avez profité pour faire une petite pétanque ?

Cédric : Non, même pas ! Avec un verre à la main c’est pas pratique ! (rires) Il y a des vétérans qui y arrivent bien mais c’est leur territoire ! (rires)

« Guérin, c’est un peu la cour des miracles ! Tous les personnages de Brest se rencontrent là bas ! Y’a de tous les horizons, de tous les âges ! »

Qu’est ce que vous avez retenu du Mix’N’Boules de l’année dernière ?

Cédric : C’était à chier ! Le niveau des joueurs était nul ! (rires) Mais la musique était exceptionnelle ! Non plus sérieusement, c’était la première fois, j’y avais jamais été avant !

Vincent : C’est vrai que c’est pas trop l’endroit où on va d’habitude le samedi avant Keroual !

Cédric : Tout le monde va à Beaurivage, forcément ! Y’a ceux qui descendent qui s’arrêtent ou alors ce sont les habitués de la place, les pétanqueurs et leurs potes ! Puis ceux qui s’inscrivent au tournoi parce que c’est Astro ! Non c’était sympa, très marrant !

Vincent : C’est un peu la cour des miracles quoi ! (rires) Il y a tous les personnages de Brest qui se rencontrent là-bas ! Y’a de tous les horizons, de tous les âges !

Et justement, comment votre musique est accueillie ?

Cédric : Assez bien ! Il y en a qui viennent pour danser, surtout nos potes ! Il y a quand même aussi ceux qui s’inscrivent au tournoi qui sont assez réceptifs !

Les boulistes du Mix N Boules 2018 

Et les habitués de la place ?

Vincent : Ils sont heureux d’être là, qu’il y ait le tournoi, la musique ! Pour eux c’est cool, ils sont là toute l’année, ça met de l’ambiance !

Cédric : Il y a pas mal de curieux qui viennent voir puis qui repartent jouer !

Vincent : Sinon pour les pétanquistes c’est le tournoi de l’année, il y en a pour qui c’est très sérieux ! L’année dernière y’en a qui se sont fâchés !

Cédric : Bah ouais en même temps, tiens, vous voulez une anecdote ! On avait perdu la coupe ! Juste avant la finale on ne retrouvait plus la coupe ! (rires) Du coup ça a commencé à gueuler ! On savait plus quoi faire ! Le fin mot de l’histoire, c’est qu’on l’a retrouvée avec une nana qui se prenait à moitié pour une meuf de l’orga, une habituée du tournoi ! Elle voulait la prendre pour la remettre à l’équipe gagnante ! On l’a cherchée partout et c’est elle qui avait la coupe ! On l’a retrouvée au bout de 20, 30 minutes on a vraiment eu les boules quoi… En plus avec Astro on avait prévu d’arrêter de son à 19h, c’est ce qu’on a fait, sauf que les matchs n’étaient pas terminés ! Donc on s’est fait engueuler parce qu’il n’y avait plus de son. Donc ça veut dire que c’était pas trop mal (rires).

Vincent : Quand faut aller à Keroual après, t’es content de couper à 19h !

Après avoir pris de l’ampleur avec les soirées Résonance vous avez fait monter la fièvre disco avec les Pumpelop, d’où vous vient ce goût pour l’esthétique kitsch et paillettes des années 80 ?

Vincent : Bah c’est nos parents quoi.

Cédric : Oui parce qu’on est ringards dans le fond aussi. Moi personnellement ça vient de mon père qui était DJ dans les années 80, du coup je suis fan des 70’s 80’s, la funk, la disco j’adore. Quand tu commences à mixer, soit tu fais de la techno ou alors t’es DJ généraliste en boîte, ce que j’étais à l’époque. C’est difficile d’avoir la double étiquette et moi j’aimais pas ça du tout. Donc c’était un peu pour le côté provoc, jouer de la disco, des trucs à la con en soirée… Au début personne comprenait et puis maintenant ça marche quoi.

Vincent : Nous ça faisait marrer de passer un peu de disco pendant nos soirées techno. Plutôt en fin de soirée !

Cédric : Un peu pour prendre à contrepied le côté techno genre on est sérieux, on s’habille en noir et on tire la gueule !

Et le public joue le jeu de la Pumpelop?

Cédric : Oui, la première ça avait bien marché, c’était à la Suite ! C’était un peu la découverte, finalement on a eu que des bons retours. On l’a refait au Vauban, ça a encore plus accroché, encore plus de gens déguisés ! Donc oui les gens sont demandeurs !

L’avantage c’est que quand y’a soirée à la Suite les gens savent que c’est électro donc ils viennent dans tous les cas même si ça pouvait ne pas plaire. Maintenant après la deuxième au Vauban ils savent à quoi s’attendre ! À part deux nanas qui sont remontées vénères parce qu’elles trouvaient ça nul, ça s’est bien passé ! (rires)

Vincent : Le Vauban s’y prête beaucoup mieux que la Suite aussi ! C’est le cabaret !

Cédric : Et puis le public est plus âgé, y’a les habitués et tout !

Et c’est quand la prochaine?

Cédric : Bah le Mix’N’Boules ça sera une Pumpelop ! Et la vraie prochaine Pumpelop …

Vincent : D’ici la fin d’année on aimerait bien.

Cédric : On veut pas en faire trop souvent, que ça devienne pas une habitude, il faut garder le côté exceptionnel de la chose. Logiquement ça sera pour la fin d’année oui, novembre ou décembre.

Pourquoi Radio Lune alors que vous n’êtes pas une radio ?

Cédric : C’est Biche (ndlr : Vincent) qui a créé un groupe facebook à l’époque pour échanger des sons.

Vincent : “Lune”, le mot nous faisait marrer, on le disait à toutes les sauces. Puis on s’est dit pourquoi pas créer un groupe facebook où partager tous nos sons entre potes, donc voilà pour “radio” quoi. C’est bête et méchant !

Cédric : Mais oui on a pas de radio encore ! On reçoit des mails souvent d’ailleurs les gens pensent qu’on en est une ! (rires) C’est le jeu !

C’est votre première collaboration avec le collectif Comme ça, comment vous l’appréhendez? Vos univers sont assez similaires.

Cédric : On voulait les avoir avec nous l’année dernière déjà pour notre première Pumpelop à la Suite, mais ils étaient pas dispos. Depuis on a gardé contact, on les a croisés à Lorient pour une Submarine, on s’est bien marrés avec eux !

Vincent : Ils sont au moins aussi débiles que nous… (rires) Même bien plus ! On s’est dit “putain là y’a du lourd !” (rires).

Cédric : Musicalement on se reconnaît, pour les Pumpelop c’est parfait leur côté décalé, on se prend pas la tête ! On se déguise, on fait un peu n’importe quoi ! Ça faisait un moment qu’on voulait les inviter et c’était l’occasion !

Récemment, On a vu le Stade Brestois monter en Ligue 1, on sait que vous êtes des grands footeux, vous pouvez nous raconter votre soirée ?

(Vincent rigole en désignant Cédric)

Cédric : Moi je le suis oui ! Bah la soirée… On a gagné quoi ! On a fait la fête, on a craqué des fumigènes, on était contents !

Vincent : Match de folie ! Cédric est ultra, donc on était dans la tribune des ultras !

Cédric : Ouais d’ailleurs toute l’équipe d’Astro était là ! La montée on s’y attendait, on savait que ça allait se faire depuis plusieurs matchs. Mais c’est cool de remonter en Ligue 1, c’est toujours une fierté. Depuis deux ans on a une équipe super sympa, un super coach, on s’identifie vachement aux joueurs. Comparé à la première montée, c’était quand même pas pareil, à cette époque ça faisait vingt ans qu’on n’avait pas été en Ligue 1, j’avais jamais connu ça j’étais pas né ! C’était la D1 même ! Cette montée là c’était la folie ! Là on a apprécié mais c’est pas pareil. On va voir ce que ça donnera !

Vincent : C’était beau. Le stade ne formait qu’un !

Cédric : C’est cool pour la ville de Brest, c’est une ville de foot ! Ce qui est cool c’est de croiser les gens en allant au stade avant le match et les revoir à la Suite ! Ou même la sécu, tu te fais fouiller par un gars en entrant au stade tu reviens pour une interview au Vauban et c’est encore lui qui te fouille ! (rires) D’ailleurs il est là, Erwan ! (il lui fait signe)

« Au collectif Comme ça ils sont au moins aussi débiles que nous ! Même bien plus ! On s’est dit “putain là y’a du lourd !” »

Qu’est-ce qu’Astro vous évoque en tant que festivaliers et en tant qu’artiste ? Est-ce que vous avez des souvenirs, des anecdotes particulières à partager ?

Cédric : Aucun souvenir ! (rires) Astro… Bah Astro c’est le pilier de Brest, sans Astro y’aurait pas tout ce qu’il se passe à Brest aujourd’hui, la majorité des gens qui font de la musique électronique aujourd’hui à Brest n’en feraient pas, certainement.

Vincent : Ah oui, moi le premier !

Cédric : C’est ce qui nous a mis le pied à l’étrier, c’est qui nous a aidé à former notre culture musicale, notre approche de la fête aussi.

Vincent : Nous donner envie de faire nos propres soirées en se disant que si eux arrivent à le faire, peut-être que nous aussi, à notre niveau.

Cédric : C’est la bonne école, on essaye de s’en inspirer, de respecter le travail qui a été fait depuis des années, pour pas faire n’importe quoi. Et puis Astro quoi, nos premières soirées électro à 14,15 ans ! Et ça continue aujourd’hui, et encore avant y’avait que Astro ! Y’a 4,5 ans sur Brest y’avait qu’une soirée par mois c’était Astro, maintenant il y en a tous les week-ends ! C’était le début des musiques électroniques ici ! Et en France même ! C’est toujours marrant de voir des articles de médias européens qui parlent de Brest !

Avez-vous un message à faire passer au public Brestois avant de lancer le Mix’N’Boules ?

Cédric : Venez ! On sait que c’est pas dans vos plans, vous allez tous tout droit à Beaurivage mais autant venir, ça fait pas un gros détour et nous aussi on a de l’ombre, du soleil et de la bonne bière ! Y’a de la pétanque, du son, la place Guérin avec sa faune et sa flore, c’est toujours sympa ! Un petit crochet d’une heure ça fait de mal à personne et on vous en voudra pas si vous descendez à Beaurivage après !

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