_ EDITO

Les étoiles mouraient dans ce beau ciel d’été,
Une question nous taraudait depuis quelques années,
Alors une grande voix venue d’un mégaphone entonna :
« Elle est où la grosse techno lààà ? »
Puis surgissant derrière la buvette, perché du haut de sa tour,
Un prince surplombait la cour,
Sa voix de capitaine inconnu qui nous sauve toujours cria :
« Bololo ha ha, bololo ha ha ha ha ! »


Et alors le beat reprit comme au premier matin.
Un dimanche à l’aube, sous les pas d’une horde de pèlerins,
Sur les plaines, une constellation de danseurs battirent la mesure,
De Mekanik à l’Astrofloor en passant par Le Dôme,
C’était une seule et même grande fête, un doux appétit de démesure,
Un pied de nez à la fonction synchronize comme à l’alexandrin.


Slater, Bicknell et Function enquêtaient sous un acronyme magique,
Un « live » prétextaient-ils comme Ancient Methods, Not Waving et autres Agoria,
Alors que sillonnaient Beau Rivage, Kosmopolite et Or:la.
Jasss et Dax J interrogeaient les danseurs en quête d’indices,
Pendant que les Modeselektor s’affrontaient aux auto-tamponneuses entre deux galettes saucisses. Manu moulinait les BPMs sur un parking ou autre recoin épique,
Kornél Kovács courait après des tickets boissons qu’un brestois lui aurait subtilisés,
Tandis qu’Avalon Emerson investiguait via une musique frôlant la science,
Tel l’impassible DJ Pete distillant des kicks en substance.
Aleksi, lui, chantait des Colundi et Nina, divine, ne cessait de danser,
« Je crois bien qu’on est entrain de retrouver la grande Techno »
Expliqua Garnier dans une interview sur le plateau radio.



Fuyant tout concept complexe et pompeux,
Partageant avec Apollinaire, l’amour des étoiles et de la liche,
Sans jamais faire de son affiche, un vulgaire pastiche,
Le festival évite la hype, tout en restant à la page et ambitieux.


Astro continue à filer, étoile fière de son effronterie gauloise,
Cette singularité que personne ne saura lui piquer,
Car ces choses-là ne sont pas des cachets qui se laisseraient négocier.
Une fameuse effronterie, oui,
Qui quand bien même on est au bout de sa vie,
Nous pousserait bien à rester mourir en terres brestoises.


Quant à moi, parait-il intronisée princesse du Bunker Palace,
(Et ne comptez pas sur moi pour faire ici une rime en -asse,)
Je m’en vais cette année pavaner en d’autres contrées
Mais c’est aussi grâce à toi, Astro, toi qui m’a tant façonnée,
Passion renouvelée au printemps, en été comme en hiver,
Mes premières grandes interviews et le tout premier voyage sur Jupiter,
Ma première grosse scène, ma première boum, mon premier édito,
Souvenirs à jamais gravés dans ma mémoire allumée et mon cerveau.


J’emporte avec moi l’espoir d’autres premières en ton sein Astropolis,
Car ton goût de la belle fête, de la musique et du risque,
Font de toi quelque chose d’encore unique, un festival plutôt spécial,
Il est grand temps de rallumer les étoiles.


Noëmie Vermoesen aka Gigsta

PLAYLIST

REPORT 2017