“Vertigineux. 22 ans d’existence. Quasi miraculeux. Un long parcours. Loin d’être fini et forcément semé d’embûches, il est d’ores et déjà victorieux.”

 

 

Au milieu des années 90 je me souviens avoir envoyé des K7 démos à Gildas et Matthieu, les deux organisateurs du festival. J’y avais enregistré mes tous premiers mixes. Une enveloppe matelassée, quelques timbres, une étiquette collée sur une K7 chrome flambante neuve, mon envoi était prêt. Muni d’un stylo bille d’encre noire indélébile, je prenais soin d’écrire mon nom absolument partout, sur chaque face, sur la jaquette, dans le petit mot l’accompagnant, je ne voulais pas qu’ils la perdent ou l’oublient au milieu des autres. Je m’en assurerais en téléphonant au magasin de disques Sonic Floor tous les jours de la semaine suivant l’envoi de mon colis.

 

Le Sonic Floor était leur fief. Je ne connaissais pas encore Gildas et Matthieu. À chaque appel, j’espérais tomber sur l’un d’eux et qu’ils aient écouté mon set. 

À 19 ans, j’effectuais mes premiers sets avec une seule Technics SL1210, ma deuxième platine disque n’ayant pas encore de pitch. J’habitais Lyon et à cet âge, être invité à jouer en Bretagne, c’était plus fort que de jouer à 29 ans sur la main stage du Sonar festival. Il m’aura fallu quelques années et de nombreux timbres, réaliser mes premières compositions et finalement posséder deux platines Technics SL 1210, pour qu’ils m’invitent à découvrir le public Breton ! 

 

À notre première rencontre, je les ai adorés. Une bonhommie contagieuse, une soif de partager leur passion, une vision certaine que la techno était notre futur commun, et l’évidence qu’ils étaient des guerriers! Car organiser un festival techno, c’était un combat. Aussi et surtout. C’était un combat pour l’existence de notre musique, de sa célébration, un combat contre nous-même. Il n’y avait pas d’argent, pas de moyens, beaucoup de débrouille, et des tonnes d’emmerdes. Il fallait être à la fois ambitieux et dingue, la tête dans les étoiles et les pieds sur terre. De mes débuts, Astropolis est le seul et unique festival français qui a perduré. Et si j’ai moi-même organisé énormément de soirées, co-fondé un festival, Astropolis a toujours été ma référence. 

 

Alors évidemment, le succès et la longévité d’Astropolis est d’avoir réussi à changer beaucoup de quotidiens, d’avoir su fédérer chaque année, quelques soient les circonstances, les modes, les styles et les évolutions. Oui bien sûr. Mais comme bon nombre de festivals je dirais. La secret d’ Astropolis est ailleurs. En ses fondateurs. D’abord dans leur façon de fêter Noël chaque année. Ensuite dans leur capacité à mélanger différentes générations d’artistes, à défendre leurs propres découvertes et à les suivre coûte que coûte au fil des années. Dans leur fidélité en Manu Le Malin, meilleur dj français. Dans un accueil et une fantaisie positive perpétuelle. Dans le fait qu’ils connaissent parfaitement leurs artistes, leurs démons, leurs personnalités, qu’ils viennent les écouter et partager leur dîner partout dès qu’ils le peuvent. Parfois même en venant en stop ! Mais c’est dans leur amour du public et de sa mixité que j’ai finalement compris le bouillon magique d’Astropolis. Si aujourd’hui je prends autant de plaisir à jouer en club comme pour un soundsytem à Nuit Debout, c’est sans doute car les origines sociales ne m’importent pas, que chacun a une part de vérité à donner, que cette mixité nous rend meilleur. Citoyennes, citoyens, votons pour Astropolis et sa vingt-deuxième édition !

 

Sebastien Devaud - Agoria.

 

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Le Report d'Astropolis #21


La Playlist #22

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Affiche d'après une photo originale de Nico Le Men /  nicolemen.fr

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